La satire est irrévérencieuse en foutant aux culs des conventions. Partant, la satire est une source d’information sérieuse, saine, nécessaire. Primo, elle livre les procédés de l’enfumage médiatique. Deuxio, elle délivre les informations soigneusement planquées. Tertio, elle accuse les vicissitudes et contribue à armer le peuple contre l’inacceptable !
Johnny, accidenté du travail
Pratiquons une expérience, si vous voulez bien : un micro-trottoir mental. Les résultats de l’expérience démontreront à quel point les nombreux usagers de l’info sont mis à la masse. Nous arpentons les pavés de Toulouse, de Brest, de Paris ou de Lille, à la recherche de passants lambda. Un couple de quinqua marche au rythme prudent d’une promenade en hiver.
L’Oppressoir : Madame, Monsieur bonjour… Permettez que je vous adresse deux questions ?
Heureux d’apercevoir quelqu’un paraissant intéressé par leur avis, elle et lui de répondre un « bien volontiers » encourageant et courtois.
L’Oppressoir : Êtes-vous au courant des problèmes de santé de Johnny ?
Le couple : Oh oui ! Il a eu chaud et son manager, Jean-Paul Camus, il ne manque pas de caractère parce qu’il a accusé le docteur Stéphane Delajoux, chirurgien des stars, d’avoir charcuté l’idole des jeunes pendant l’opération de son hernie discale…
L’Oppressoir : Vous êtes au parfum, dîtes-moi et saviez-vous, que les indemnités perçues par les accidentées du travail allaient être fiscalisées au nom de l’équité sociale ? Les parlementaires viennent de voter une loi dans ce sens…
Le couple (interloqué) : Comment ! Êtes-vous sûrs de ce que vous avancez ? Ah ! C’est une blague, vous essayer de nous piéger !?!
Du tout, mes bons messieurs-mesdames, telle est l’information.
Balance pamphlétaire
Les rédactions pointent de la plume le vaste horizon people cependant que les politiques nous volent à l’embrassade. L’information, avant la pétoche, c’est la diversion. Les grosses bécanes médiatiques et à fort potentiel sur les masses ne lâchent rien, pas un pet de traviole. Elles se rendent complices d’une escroquerie monumentale.
Quand bien même la démocratie tourne à la vilaine, la satire se doit d’exister et, naturellement, de peser. Elle alerte l’opinion sur les énormités ; par la même, nous prévient de quel bois nous sommes chauffés. Il est un benard, vil et puissant de surcroît, qui compare tel Présent des Dieux au Je suis Partout nazillon. D’autres roquets veulent la peau de courriéristes dits injurieux. Où est l’injure ? En vérité, elle vient d’abord des bouches incultes et racistes, gênés par l’indépendance de ton et par la variété des sujets.
D’injurier, la satire s’arroge le droit en retour. Si la justice est à la peine, les pamphlétaires, insoumis, accusent, brocardent, épinglent, en semant le discrédit et la honte sur les gueules malsonnantes, perchées au-dessus des lois.
Et si la satire ne suffit pas à rendre justice, chers amis, le calcul est simple : les foudres du peuple suivent et détruisent tout sans discernement.