Bien que chantant n’ayant joie, Verdier Jacob ne s’est pas résolu à se retirer de la vie politique à l’instar de Jospin son idole, dont il affiche encore des posters sur les parois de ses goguenots privatifs. Revenant sur les dernières élections dites européennes, il déverse sa fiole à bile sur le parti des crétins, enflé d’une victoire usurpée. L’espoir maigrelet, il finit sur une légère touche de verdure sans omettre de se la ramener très succinctement sur le gadin du centriste béarnais.
Au continent des sans mirettes
Désolé affligé, désabusé, consterné, dégoûté ! Rien qu’apercevoir leurs boules aigrefins dans la lucarne cathodique ou dans la presse fayote, ça me fiche des suées ardentes, ça me refile des bourgeons avec des haut-le-coeur irrépressibles. Beaumarchais l’écrivait en son temps, "seuls les sots triomphent". Les élections européennes sont passées à la façon d’une nuée chaotique, hallucination collective d’une démocratie représentative. Les analystes politiques, ces bêtasses de première, qui tournent la veste au gré des vents mais pas le chiffon rouge avant de piailler, ont trompeté à l’unanimité : les "anti-sarkosystes" de la gauche et du modem se sont pris une rouste cinglante. À trop lécher des culs, on salope sa grosse langue, on charge ses louchants d’une merde opaque. Je voudrais pas démoraliser le liseur de passage mais ces dernières élections furent une défaite sans équivoque. Cagade renouvelée des représentativités. Foirade confirmée de la démocratie. Le peuple est marron, lassé par la débauche des ruses et des fausses sorties démagogiques. Le corps électoral est d’ores et déjà guillotiné, rapiécé, presque faisandé. Corps débile, rachitique, en proie aux principes universels impotents, vendus à toutes les sauces comme système indépassable. Les winners de la droite dynamique fanfaronnent, enflés par leur victoire étriquée. Et les nombreux ? Ils restent sans voix.
Suffrage universel, acte civique ou science de pipeur ?
Pas la peine de nager dans les eaux grasses de l’algèbre pour tirer au clair le manège qui se joue sous nos barbes. Puisque les grossiums des infos font les lézards en chantant une fausse victoire, il faut bien retomber au plus bas et, sans laisser pleurer les moutons, déterrer son vieux boulier. Le corps électoral potentiel en France, autrement dit, l’ensemble des personnes remplissant les conditions pour voter, compte 50 millions d’âmes. Le 7 juin dernier, seules 18 ont voté aux européennes. 780 mille ont donné de la voix par le blanc ou par le nul, soit un cumul de 64% de nuls et d’abstentions. Les promeneurs et les autres pêcheurs à lignes du dimanche chercheraient-ils à délivrer un message ? Ne les surcotons pas non plus, nom de d’là ! L’UMP a rassemblé quatre millions huit cent mille voix, soit moins de 10% des suffrages. Plutôt que de me gargariser d’une victoire de concert avec ce mille-pattes de pseudo parti populaire, je ferais le dos rond devant le verdict des urnes. Non mais non, ce n’est pas comme ça que ça se passe. Le pouvoir fait la roue, il se passe trop bien du peuple bourricot, allons ! Il ne manquerait plus que des ânes pèsent dans la balance. La démocratie, le vote et tout le tintouin, c’est pour la pose. Cette branlée victorieuse était bel et bien prévue, si notre pontife a une miette de chou, c’est bien dans l’habileté à diviser les peuples et les gauches, toute la chiée du fretin d’électeurs de gauche. Quand la droite bat le rappel, « politique d’ouverture » n’a plus rien d’un euphémisme, c’est l’antiphrase pour battre la mesure des nombreuses ambitions mégalomaniaques à gauche comme à droite. Ainsi le roitelet l’a remporté d’une pirouette, ça n’aurait pas été le cas, nous aurait-il fait revoté ?
Crachat à la face de notre souverain
« Seuls triomphent les sots » ! Maintenant qu’il a mis la main basse sur le consentement populaire, il flambe derechef notre noble souverain. Il irait presque se croire de droits divins. Les comptes du bestiau et de ses gouapes sont couronnés de succès. Du coup, notre grand dab microbien a retrouvé le smile plus haut que les feuilles, jusqu’aux cimes de sa bobèche perchée au ras du sol. L’animalcule monté sur talonnettes se loue d’une victoire aussi mesquine que sa majorité présidentielle, essentiellement composée d’échines convexes. Petit roi de rien, petite victoire de rien, petit parti de rien, il préside à la France des petzouilles, avec toute sa suite aux talons courts ! Nous cracherons sur sa tombe à au moment psychologique car, merde ! l’entende qui veut, le peuple n’est jamais dépourvu de sagesse, il brille dans l’art de prendre son mal en patience.
Vert de l’espoir et l’autre
La percée des verts laisse entrevoir quelques possibilités nouvelles pour les prochaines échéances électorales. Bien qu’ayant peu de confiance dans la peu classieuse rouquine, la grosse Cohn-Bendit, je ne demande qu’à croire dans les énergies qu’il a su rassembler. Faisant litière de l’apocalypse selon Attali, je me prends à avaler des couleuvres en rêvant d’une révolution verte, d’une économie compatible avec la finitude de ce monde. Je les suis de près ceux-là. Quant au grand ponte du modem, le Bayrou national, je lui envoie quelques pensées d’une bonne âme car il est condamné à se prendre moult coups de bâtons, les pouvoirs ne manqueront plus d’appuyer leurs bottes sur ses pauvres côtes d’ancien bègue.