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Maintenant il faut des armes

dimanche 3 mai 2009
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Texte paru dans Maintenant, il faut des armes. Auguste Blanqui

Messieurs les jurés. Je suis accusé d’avoir dit à trente millions de Français, prolétaires comme moi, qu’ils avaient le droit de vivre. Si cela est un crime, il me semble du moins que je ne devrais en répondre qu’à des hommes qui ne fussent point juges et parties dans la question. Or, messieurs, remarquez bien que le ministère public ne s’est point adressé à votre équité et à votre raison, mais à vos passions et à vos intérêts ; il n’appelle pas votre rigueur sur un acte contraire à la morale et aux lois, il ne cherche qu’à déchaîner votre vengeance contre ce qu’il vous représente comme une menace à votre existence et à vos propriétés. Je ne suis donc pas devant des juges, mais en présence d’ennemis (…) Ne croyez pas que nous venions ici pour nous justifier des délits qu’on nous impute ! Bien loin de là, nous nous honorons de l’imputation, et c’est de ce banc même des criminels, où on doit tenir à honneur de s’asseoir aujourd’hui, que nous lancerons nos accusations contre les malheureux qui ont ruiné et déshonoré la France, en attendant que l’ordre naturel soit rétabli dans les rôles pour lesquels sont faits les bancs opposés de cette enceinte, et qu’accusateurs et accusés soient à leur véritable place.

Défense d’Auguste Blanqui au procès des Quinze

dimanche 3 mai 2009